Ecrit par Calixte BOUCHER

"C'est peu dire que les moments que vit Haïti sont graves. Ce ne sont pas les premiers.  Mais jusqu'ici, les autres étaient le fait d'éléments étrangers. Notre pays faillit disparaître plusieurs fois, envahi, au mépris de son respect pour la loi, par des hordes sauvages, sans scrupules, sans foi ni loi. Plusieurs fois, ce pays en est sorti par son courage et son esprit de corps et de sacrifice. Difficile, si on possède un minimum de mémoire, de cautionner l'idée, fort à la mode aujourd'hui, que ce n'est pas un pays mais un montage artificiel créé par les grandes puissances soient disant amis.

 

Depuis quelques années, sous l'influence de politiciens incapables ou/et irresponsables, ce pays de bâtisseurs est devenu le champion du monde de l'autodestruction. Et progressivement la risée du monde entier. Un tel gâchis, ce n'est pas possible. Il est grand temps de se ressaisir, il est grand temps que le peuple fasse entendre la voix de la raison à des dirigeants de moins en moins en phase avec leurs électeurs, de plus en plus soucieux de leur notoriété que du bonheur de leurs administrés.

 

La tentation est grande, il est vrai, de dire : "on en a ras-la casquette, divorçons". Déception et découragement aidant, le réflexe est compréhensible. Mais il ne résiste ni à la réflexion, ni au bon sens, ni à l'analyse de ceux qui ont étudié économiquement les différents scénarios. Il ne s'agit pas ici de jouer aux Haïtiens d'une autre époque, mais de se concentrer au plus vite sur les vraies priorités qui attendent Haïti, notamment l'emploi, la sécurité, l'enseignement, les pensions et le maintien des investisseurs étrangers sur notre sol. Rien de ceci ne sera possible si le bon sens de la vox populi ne réussit pas à faire pression sur de nouveaux dirigeants bien décidés, consciemment ou inconsciemment, à mener le pays à sa ruine".

 

 

                                                                                                             Laguerre Ted