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  • Editorial du Nouvelliste

Le Conseil électoral provisoire droit au but



Dans sa première conférence de presse, le Conseil électoral provisoire, par l’entremise de son président, a, sans ambages, exprimé son incompétence pour la mise sur pied de la commission devant faire la lumière sur les élections du 25 octobre 2015. C’est un dossier politique qui ne relève pas de la compétence de l’institution électorale, a fait valoir Léopold Berlanger Junior, président du Conseil électoral provisoire. Ce point figurant dans l’accord du 5 février 2016, qui a permis l’élection de Jocelerme Privert à la Présidence provisoire de la République, est ressenti comme un coup de massue pour les diplomates occidentaux en poste à Port-au-Prince. La poursuite du processus est le souhait exprimé par l’ambassadeur américain ainsi que celui de l’Union européenne qui ont des idées préconçues sur l’enquête approfondie recommandée par la Commission présidentielle chargée d’éclairer la lanterne de la classe politique et des observateurs autour de ce dossier litigieux.


Voulant éviter une nouvelle crise sur ce dossier, le président provisoire garde un profil bas. Son porte-parole, craignant d’attirer la foudre des parlementaires sur la question de la commission, s’était contenté de dire que le Conseil électoral provisoire est la seule institution habilitée à mettre en place cette commission. En aucun cas, le Conseil électoral provisoire ne peut former une commission composée de personnalités étrangères à son personnel. Seul le président provisoire est habilité à identifier des personnalités venant d’horizons divers pour former cette commission. Le président Privert peut solliciter une nouvelle fois les services des membres de la Commission présidentielle, étant donné que tous les secteurs avaient reconnu le caractère sérieux du travail de ses membres. Le temps attribué aux membres de ladite Commission pour réaliser l’enquête constituait le seul obstacle qui les empêchait de produire un rapport complet conformément au mandat de cette entité. La conception que le président provisoire se fait des élections du 25 octobre 2015 sera déterminante dans sa prise de décision. Il y va également du respect de l’accord du 5 février 2016 dont Jocelerme Privert est l'un des signataires.


Tenant compte du scandale créé par les élections de 2015, il est inconcevable de poursuivre le processus électoral sans réaliser l’enquête recommandée par la Commission présidentielle. Comment le Conseil électoral provisoire peut-il programmer le second tour de la présidentielle, alors que l’un des deux candidats admis en ballotage est favorable à la poursuite de l’enquête sur ces élections ? Le refus exprimé par la plupart des parlementaires s’explique en raison du scandale de pots-de-vin qui avait entouré les contestations soulevées par des candidats au Bureau du contentieux électoral national (BCEN). Des juges et autres membres du BCEN sont jusqu’à présent dans l’œil du cyclone, car des éléments de preuves avaient défrayé la chronique par rapport à certaines décisions du BCEN.

Comment le Conseil électoral provisoire peut-il élaborer un nouveau calendrier électoral sans tenir compte de la conjoncture? Cette occasion n’est-elle pas propice au président Privert de laver la souillure des gouvernements antérieurs qui acceptaient les conditions humiliantes du PNUD dans le but de recevoir des fonds de la communauté internationale en vue de réaliser les élections haïtiennes ?

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