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  • Lemoine Bonneau Editorial du Nouvelliste

Une retraite pour réorienter le travail parlementaire

L’initiative prise par la Chambre des députés de partir à la retraite pendant trois jours pour préparer l’agenda législatif de cette année constitue une bonne action. Depuis la rentrée parlementaire en janvier dernier, l’élection de Jocelerme Privert à la présidence de la République représente l’unique acte posé par les deux chambres législatives. La première session annuelle du Parlement s’achève dans un mois environ, alors que les parlementaires n’ont jusqu’à présent effectué aucune activité législative.


Cette retraite va permettre à la Chambre des députés de préparer un agenda de travail pour la fin de la première session ainsi que la deuxième session, de dynamiser la conférence des présidents pour faciliter et évaluer le travail des commissions permanentes, de faire l’inventaire des projets et propositions de loi qui sont en souffrance dans les deux chambres et de fixer les responsabilités des députés. La 49e législature, qui avait débuté ses travaux en mai 2011, est la moins productive des législatures de l’après-Duvalier. Une dizaine de lois votées en trois ans et huit mois. C’est le défi que la 50e doit relever en divorçant d'avec les mauvaises pratiques qui ont terni l’image du Parlement.


Si les députés se préparent à mieux orienter les activités législatives, l’absence d’un ministre chargé des relations avec le Parlement au sein du gouvernement Jean-Charles, de courte durée qu’il devrait être, ne facilite pas la coordination avec le pouvoir exécutif. Car, en approuvant la politique générale du Premier ministre Enex Jean-Charles, les propositions de loi et autres actes législatifs doivent être relégués au second plan par rapport aux initiatives du gouvernement. Depuis le gouvernement de Michèle Duvivier Pierre-Louis, sous la présidence de René Préval, aucun autre gouvernement n’a pris l’initiative de préparer un agenda législatif en concertation avec les deux chambres du Parlement. Les actions gouvernementales ne sauraient être articulées sans une bonne planification législative. Vu les difficultés rencontrées par le Conseil électoral provisoire pour parvenir à l’organisation des élections législatives complémentaires ainsi que le second tour de la présidentielle au cours de ce mois d’avril, le gouvernement Jean-Charles devrait réorienter ses relations avec le Parlement en préparant, en fonction de la conjoncture, un agenda législatif circonstanciel.


Il ne fait aucun doute que le Parlement représente un sujet de préoccupation de différents secteurs de la vie nationale. L’absence injustifiée des parlementaires en séance plénière, dans les différentes législatures qui se sont succédé, la faible production législative, le pourcentage élevé du budget du Parlement par rapport aux autres grands corps de l’Etat, la prééminence des parlementaires par rapport aux autres membres du corps social sont pour la plupart les aspects négatifs de la perception que l’on se fait des représentants du pouvoir législatif. Il s’avère nécessaire que les partis politiques, garants du bon fonctionnement des groupes politiques au Parlement, définissent de nouveaux types de rapports entre les parlementaires et des groupes sociaux afin de projeter une autre image de l’institution parlementaire.

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