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HUEH: la grève persiste, les malades abandonnés à leur sort, silence du MSPP

En dépit de multiples rencontres tenues, d’une part, entre les grévistes et les médecins de service et, d’autre part, entre la direction de l’hôpital et les protestataires, la grève des médecins résidents persiste. Mordicus, ces derniers exigent de meilleures conditions de travail et un meilleur traitement. Entre-temps, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) fait silence radio sur ce sujet.


À l’une des salles du service des urgences de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’ Haïti (HUEH), quatre malades, pansements à la tête ou aux jambes ou/et aux pieds, s’installent sur des matelas délabrés. Elles sont toutes des femmes. L’une d’entre elles, la voix émoussée, n’arrête pas de pleurer comme une Madeleine. Elle a deux fractures. L’une au bras gauche et l’autre à la jambe gauche. Pour elle, la douleur est atroce et insoutenable. La douleur est telle qu’elle ne se rappelle même pas son nom. Sa voix bien que faible parvient à couvrir tout ce bloc d’un hôpital presque désertique. Elle crie dans le vide : il n’y a pas un médecin disponible pour lui administrer un analgésique. Elle devait subir une intervention chirurgicale au cours de cette semaine. Mais les services sont paralysés à cause d’un arrêt de travail observé par les médecins résidents de l’hôpital pour exiger un meilleur traitement et de meilleures conditions de vie.


Comme cette souffrante, les trois autres malades ainsi que ceux hospitalisés dans les autres services attendent la levée de la grève. Mais ils prennent leur mal en patience.


Depuis plus de deux semaines, les médecins résidents de l’HUEH sont en grève. Ces derniers exigent un meilleur traitement après que l’un d’entre eux eut reçu une gifle de l’administrateur général de l’hôpital qui lui avait intimé l’ordre de prendre urgemment en charge un membre de sa famille alors qu’il s’occupait d’un autre patient. « Trop, c’en est trop », expliquent les médecins grévistes.


En effet, cet incident n’était qu’une occasion pour ces derniers de présenter leur cahier de doléances par rapport à une succession d’évènements qu'il jugen malheureux. Ils arguent qu’ils ne se sentent pas en sécurité pour offrir aux patients des services.


« On n’a pas d’eau disponible dans les robinets. On ne peut pas se présenter sur un malade sans se laver. On ne demande que de l’eau pour nous doucher. La cafétéria ne fonctionne pas. On n’a pas de dortoir. On n’est pas en sécurité à l’hôpital. On demande des agents qui puissent nous sécuriser quand on est de garde la nuit », exigent les médecins résidents. « C’est le minimum qu’on demande pour lever la grève », a ajouté le Dr Clerfort Michel, médecin résident anesthésiologiste. Ils sont prêts à faire des concessions mais, disent-ils : « On ne peut pas nous obliger à travailler ainsi ».


Durant ces deux longues semaines, une seule rencontre entre la direction de l’hôpital et les grévistes s’est tenue. Deux rencontres avec les médecins de service qui voulaient servir de médiateurs entre les deux protagonistes ont été aussi organisées.


Depuis l’arrêt de travail, les médecins résidents de l’HUEH se reposent (ils sont près de 300), les autorités du ministère de la Santé publique et de la Population ne se prononcent pas, ne prennent pas de décision alors que des malades sont en train de gémir à l’hôpital et la population, qui déjà n’avait pas accès aux sévices de santé, est doublement pénalisées. Le Nouvelliste a tenté vainement de joindre le directeur général du MSPP.


Des étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie qui, eux aussi, pâtissent de la grève, demandent aux autorités de prendre leurs responsabilités.

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