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Haïti : psychodrame électoral

Le second tour de la présidentielle a été suspendu en janvier. Aura-t-il lieu bientôt ? Le nouveau Premier ministre s'y emploie.


De nombreuses tensions sociales

Au premier tour, le 25 octobre 2015, Jovenel Moïse, le candidat soutenu par Michel Martelly, le président sortant, avait recueilli 32,76 % des voix, et Jude Célestin, celui de l’opposition, 25,29 %. Mais le second tour (de même que des législatives partielles) n’avait pu avoir lieu comme prévu le 27 décembre, l’opposition estimant le scrutin entaché de fraudes massives et dénonçant un « coup d’État électoral ». Elle accusait Jovenel Moïse d’être la marionnette de Martelly et de ne poursuivre qu’un objectif : éviter à son mentor d’être traduit en justice en raison des dérives auxquelles son mandat a donné lieu. La contestation prenant un tour violent – barricades dans les rues, mort d’un opposant à Port-au-Prince -, le second tour avait dû être reporté.


Cette énième crise politique a porté un rude coup à une économie déjà exsangue après une année de sécheresse. Haïti doit importer les produits alimentaires qu’il consomme, les investissements privés et publics se raréfient, et le chômage s’envole. Du coup, les tensions sociales et l’insécurité sont à leur comble.


Vous n’aurez pas d’état de grâce, l’heure est au travail, a lancé Privert aux nouveaux ministres.


Un nouveau Conseil électoral provisoire (CEP) a été mis en place le 31 mars. Sa mission ? Fixer dès que possible les dates des consultations en suspens. Le Premier ministre est une figure connue mais discrète de la scène politique locale. Professeur de droit administratif à l’université d’État d’Haïti, il a conseillé les trois présidents qui se sont succédé depuis 2006.


« Vous n’aurez pas d’état de grâce, l’heure est au travail », a lancé Privert aux nouveaux ministres. Le temps presse, en effet. Conformément à l’accord sur la transition conclu début février entre le Parlement et Michel Martelly, le nouvel exécutif dispose d’un mandat de cent vingt jours à compter du 14 février, date de l’installation de Privert. Les élections ne pourront pourtant pas être organisées le 24 avril, comme prévu, puisque les électeurs n’ont pas été convoqués à temps par décret présidentiel.



Marie Villacèque

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