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  • Ricardo Lambert source Le Nouvelliste

Le mandat de la MINUJUSTH ne laisse aucune ouverture pour travailler avec les forces armées d’Haïti


À l’occasion de la Journée des Nations unies, célébrée chaque année le 24 octobre, jour de l'entrée en vigueur de la Charte des Nations unies en 1945, le chef ad intérim de la MINUJUSTH, Mamadou Diallo, a précisé la nature de l’accord de siège et défendu les contours du mandat de cette nouvelle mission. Selon ce mandat qui ne laisse aucune ouverture pour travailler avec les forces armées d’Haïti, seuls le système judicaire, la PNH et les organisations de droits humains font partie de l’agenda de cette mission pour laquelle un budget n’est pas encore défini.

Mamadou Diallo

Si une éventuelle remobilisation des forces armées d’Haïti se concrétise, la mission des Nations unies en appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) ne sera pas de la partie. Le nouveau représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU, Mamadou Diallo, a fait savoir qu’il n’a pas reçu de mandat du conseil de sécurité de l’ONU pour établir une « quelconque relation avec l’armée haïtienne. » Mamadou Diallo ne laisse pas de place à la confusion. « Nous restons donc dans le mandat d’accompagnement de la Police nationale, de renforcement du système judicaire », a confié le diplomate, pour signifier qu’il n’a nulle autre intention que de suivre à la lettre son mandat initial de six ans (la durée de la MINUJUSTH est de deux ans).

Durant son intervention, couplée au message du secrétaire général, Antonio Guterres, M. Diallo a insisté sur les objectifs de la MINUJUSTH. Tout est clair dans sa tête. «La MINUJUSTH va poursuivre le renforcement des institutions de droit que sont la Police nationale, les cours et tribunaux, l’administration pénitentiaire ainsi que le renforcement de la capacité des organisations de la promotion et la protection des droits humains». Selon M. Diallo, le fait que « sept Haïtiens sur dix qui se retrouvent derrière les barreaux soient en détention préventive » est très préoccupant.

Malgré ses grands projets et l’ambition d’aider à réformer le système judiciaire haïtien, la mission a commencé le 16 octobre sans un budget de financement des opérations. « Le budget de la MINUJUSTH est encore en discussion devant le 5e comité à New-York », a révélé M. Diallo. Il doit être approuvé par l’Assemblée générale et le 5e comité qui est l’organe placé pour décider du budget des missions. Entre-temps, l’effectif de la MINUJUSTH, composé de 980 policiers qui constituent les sept unités FPU, 295 officiers de police hors unité et 351 membres du personnel civil, est en train de se mettre en place à plus de 65 %.

Toutefois, Mamadou Diallo ne voit pas dans la soumission de l’accord de siège sur le statut de la mission au Parlement pour examen un empêchement au déploiement des policiers et équipes de terrain. Cela « n’a aucun impact sur la nature administrative de cet accord qui a été déjà signé » par lui et le ministre des Affaires étrangères, Antonio Rodrigue, le 16 octobre, jour marquant le début de la mission. Car il s’agit « d’un accord administratif qui n’a aucune valeur politique ». « L’accord d’installation est un cadre administratif qui permet au gouvernement de comprendre un peu comment nous nous organisons pour être présents sur le territoire haïtien et pour mettre en œuvre notre mandat. Il n’obéit, dans sa mise en œuvre, qu'à un cadre administratif. […] Et nous a permis de commencer nos opérations », a-t-il expliqué.

La MINUJUSTH se penche aussi sur l’éradication du choléra et les abus sexuels

À côté des avancées sur le plan sécuritaire durant les 13 ans passés sous l’égide des Casques bleus, Mamadou Diallo a évoqué l’épidémie de choléra qui a fait des milliers de victimes. « Un seul cas de choléra est un cas de trop », a-t-il confié. Pour les abus sexuels dont sont accusés des Casques bleus en Haïti, il a annoncé la poursuite et le renforcement de la politique tolérance zéro, et promet par ailleurs de mettre en œuvre des activités de soutien et d’accompagnement des personnes victimes d’abus sexuels. « La MINUJUSTH et l’ensemble de la famille des Nations unies poursuivront la mobilisation des ressources, l’engagement auprès du gouvernement haïtien pour pouvoir réaliser l’ambition d’arriver à zéro transmission.»

Mamadou Diallo, qui assume également les rôles de coordonnateur résident, coordonnateur humanitaire de l’ONU et de représentant résident du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), a rappelé que les 19 agences, fonds et programmes des Nations unies ont signé avec le gouvernement haïtien, en juin dernier, le plan cadre des Nations unies pour assistance et développement. Ce dernier est articulé autour de quatre axes : la réducation de la pauvreté et l’emploi, la lutte contre les facteurs climatiques, le renforcement de l’accès aux services sociaux de base et le renforcement des institutions de la gouvernance. « En tant que membre fondateur de l’ONU, Haïti bénéficie d’une attention constante qui ne va pas changer avec le départ de la MINUSTAH », a avancé M. Diallo.

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